Roland Nadaus - Les anonymes de l'Evangile / Arts – Cultures – Foi dans les Yvelines

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Roland Nadaus - Les anonymes de l'Evangile


Roland Nadaus - les anonymes de l'Evangile

Poète, romancier et conteur, Roland Nadaus a été aussi un élu qui a consacré la plus grande partie de sa vie active au service public, notamment pour l'élaboration de la Ville Nouvelle de Saint Quentin en Yvelines. Aujourd'hui retraité de la vie politique, il poursuit son œuvre littéraire et vient de publier « Les anonymes de l'Evangile », une lecture très personnelle et originale de certains passages des Evangiles,
Le sous-titre nous renseigne d'emblée : « Libres propos autour de la Parole, Roman ».
Il s'agit donc d'une fiction.



Roland Nadaus imagine de faire parler le centurion qui, dans l'Evangile de Marc, s'écrie au pied de la croix : « Vraiment cet homme était Fils de Dieu ». Bouleversé par ce qu'il vient de vivre, le centurion décide de refaire à sa façon le procès bâclé de Jésus, en faisant témoigner la foule des personnages anonymes qui sont présents dans les quatre évangiles. Cette « Quête » s'étend sur de longues années. Elle est reprise par le fils du centurion et nous pouvons lire les dépositions, entre autres, d'un berger présent près de la crèche, du fils et de la fille de la femme adultère, de la veuve du bon larron, du jeune homme riche devenu vieux, d'un petit enfant béni par Jésus et maintenant adulte, du propriétaire de l'ânon des Rameaux et de beaucoup de miraculés guéris par Jésus.

Roland Nadaus est un conteur. Il prend plaisir à faire parler des gens simples. Ainsi la nuit de Noël est racontée avec gouaille par un berger, en suivant de très près le récit de Luc.
L'auteur connaît parfaitement tous les textes, leur contexte, et leur signification profonde bien qu'il ne s'agisse pas un travail d'exégète : le récit du berger, par exemple, est l'occasion de nous renseigner sur la condition particulière de ces bergers de mauvaise réputation et aussi sur la vie en Palestine au temps de Jésus, dans un pays occupé par les Romains.

Parfois nous sommes vraiment dans la fiction quand il fait par exemple du bon larron un disciple de Jésus. Accablé de taxes et d'impôts divers, il est devenu brigand pour nourrir sa famille. Le récit de sa veuve, « travaillée » par la Parole de Jésus à son mari sur la croix, est un prétexte pour faire vivre la crucifixion d'une manière pathétique à travers ce témoin direct, une femme qui voit mourir celui qu'elle aime, en même temps que Jésus et d'une manière particulièrement atroce.
De la même façon, le témoignage du propriétaire de l'ânon permet d'évoquer les Rameaux puis la Cène. Le récit de la servante du Grand prêtre nous plonge dans la nuit du procès de Jésus avec le reniement de Pierre...
Quant au jeune homme riche que nous voyons partir tout triste dans l'Evangile, Roland Nadaus invente pour lui, une autre fin : devenu vieux, il a vendu tous ses biens et n'a gardé de sa richesse qu'une croix en or.

Toutes sortes de personnages défilent, sans ordre chronologique et construisent peu à peu la figure d'un Jésus totalement différent du Messie royal attendu. Ce Jésus est libre, miséricordieux, proche des humbles, fascinant par son regard et sa Parole : « Il parlait avec une autorité naturelle, pas comme celle des scribes et des prêtres qui récitaient la Loi et ses commentaires souvent durement...Non, sa parole était simple et forte. Evidente comme la Vérité... A son regard sur nous (c'est l'un des cinq mille qui furent nourris avec cinq pains et deux poissons qui parle), j'ai senti que, malgré l'affreuse distance qui nous sépare de Dieu, lui nous aimait. Parce qu'il était homme. » (pp.22-23).
Tous ces blessés de la vie, comme la femme courbée, le possédé, l'homme à la main desséchée, Jésus les a remis debout, même s'ils n'ont pas toujours tout compris sur le moment. Il faut du temps pour que la Parole chemine.

Une approche personnelle des évangiles donc, une suite de récits, une galerie de portraits qui change et aiguise notre regard sur tous ces anonymes.
Roland Nadaus aime ses personnages, il aime les évangiles, sa lecture est riche et profonde, comme une expérience qu'il veut partager, une invitation à lire et relire autrement tous ces textes d'une infinie richesse.

L'Auteur ne cache pas le chemin de conversion qui fut le sien Il est du nombre des « recommençants à croire » pour qui le Christ a fait irruption dans l'existence en y apportant la fraîcheur d'une véritable Bonne Nouvelle. Pour eux, à la différence de beaucoup d'entre nous « chrétiens de toujours », il y a « un avant », sans la présence reconnue du Ressuscité puis « un après » avec Lui et l'Esprit qui souffle et illumine.

Suzanne ORAIN

Editions du Signe, 186 pages
Roland Nadaus : lecture sur scène
Roland Nadaus : visage


       L'auteur Roland Nadaus






Voici trois poèmes dont Roland Nadaus est l'auteur. Ils sont tirés de
« Prières d'un recommençant » (Editions de l'Atlantique)


Prière des Recommençants

Redonne, Seigneur, redonne
la joie de croire
la joie de vivre
La joie de croire en la Vie.

Nous sommes des recommençants


Quelque nuit, quelque part
Ton chemin s'est dérobé sous nos pas insolents
Ta source s'est enfuie
de la pierre de nos cœurs
Et Ton souffle en nous a expiré


Nous sommes des recommençants


Redonne, Seigneur, ô redonne -
Nous la soif
De boire à Ta parole
La certitude de l'Eau Vive
La joie du Soleil Invaincu.


Nous sommes des recommençants.



La belle pêche


Je lance
Le filet
De ma prière

Et j'y prends
Des amis
Inconnus

Et je m'y prends
Moi-même
Sans tout à fait me reconnaître
Est-ce Toi, Seigneur
Qui me fait ce poisson
De Pâques ?



PRIER

Je n'en finis jamais de prier :
Matin, soleil, douleur...ou cette grande joie d'Apocalypse, parfois,
Ou encore cet espoir que la justice trace son cercle autour de nous.

Je n'en finis jamais
De prier, d'interroger, quérir :
Tous mes mots sont tendus vers ça, mes cris.
Rien n'est dérisoire qui prie.
Soleil, silence, beauté ou pluie, je n'en finis jamais !
En moi tout converge, tout prie.








 

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